« Retour au blog de docgkill

2 BAL 2 NEG - Divorce à l'amiable

2 BAL 2 NEG - Divorce à l'amiable
"c'est comme une histoire de couple" résume Niro des 2 Neg. "c'est facile d'aimer une personne mais c'est difficle d'évoluer avec. si on continue à faire 2 Bal 2 Neg, c'est un peu comme si on s'était mariés parce qu'on avat une société qui marchait bien. si on divorce, on ne vas pas la garder juste parce qu'elle marche bien financièrement. si tu ne le sens pas, autant ne pas le faire". C'est officiel les 2 bal 2 Neg ont divorcé et ont enterré leur union le 18 décembre 1997 à Paris, dans la petite salle de Bercy. Les 2 Bal et les 2 Neg s'étaient unis pour le meilleur et pour le pire en juin 1996, pour la naissance de leur enfant "3 fois + efficace". Un petit prodige dans le monde du rap puisque ce disque autoproduit, sorti chez Crépuscule, a été vendu à plus de 50 000 exemplaires. La tournée débutée en février 1997 consacrait les performances scéniques de ces rappeurs définitivement hors du commun. Mais à l'apogée de la gloire, qu'est-ce qui a bien pu provoquer leur séparation ? Les infédélités ? Peut être... il y en a eu plusieurs, et de chaque côté : GKill avec Ophélie Winter sur le remix de "shame on you", les 2 Bal avec le Bisso na Bisso de Passi, les 2 Neg avec les anglais de Cash Crew. Il y avait bien sûr des incompatibilités d'humeur, les 2 Bal étant plus jeunes et plus fous que les 2 Neg, plus posés. Elles n'étaient pas assez flagrantes pour entrainer un divorce, nous avons donc interroger les protagonistes pour mieux comprendre : les 2 Bal, les 2 Neg, Kilomaitre (Tefa et Masta), White et Spirit et Gangster, le régisseur sur la tournée. Voici l'histoire d'une belle histoire d'amour qui en fait se termine bien. Interview concept pour groupe-concept

Où et quand a eu lieu le coup de foudre ?
Masta : Je connais les 2 Bal depuis qu'ils ont 11-12 ans car j'haitais avec leur grand frère, Cyril (d'Afrodiziac). Un jour ils sont arrivés avec des textes qui déchiraient et j'ai décidé de leur faire des sons. 3-4 ans plus tard, nous avons rencontrés les 2 Neg à l'anniversaire d'un mec d'Aulnay. Nous avions déjà écoutés ce qu'ils faisaient sur la 1ère compilation de Moda et Dan. Là il y a eu une bonne 1ère collaboration entre les 2 groupes. Nous, avec Tefa, les avons envoyé chez Spirit. Ils ont fait 1 ou 2 morceaux ensemble, on a vu que cela fonctionnait bien, alors on s'est dit que ca serait un bon concept.
Spirit : Je connaissai Tefa, il m'a fait écouter une K7 des 2 Bal, c'était cool. Plus tard, ils osnt venus me dire qu'ils voulaient bosser avec moi. Comme les 2 Bal et les 2 Neg s'entendaient bien et qu'ils voulaient tous les 2 taffer avec moi et Masta, on a décider de mélanger les 2. Au départ, on voulait faire 2 albums distincts, avec chacun la moitié des musiques, mais c'était plus difficile car ça coûte 2 fois + cher. Alors on a choisit le concept 2 Bal 2 Neg. Au départ, je n'étais pas très chaud car je sais qu'il y a toujours des complications entre 2 groupes. Enfin de compte, ca a bien marché même si j'avais des appréhensions avant...
Gangster : J'avais accepté d'être leur road-manager pour leur tournée sans même connaitre leurs têtes. Eux apparemment, ils me connaissaient. Notre 1ère rencontre s'est faite dans une rave aux transmusicales de Rennes. J'avais tous les chèques des Dj dans les mains et je traversais la foule (15000 personnes) là je tombe sur 6 lascars qui avaient vraiment l'air de se faire chier, ils étaientvenus pour les meufs à mon avis... Je me suis dit "qu'est-ce qu'ils me veulent ? je les connais pas !!!". Un des jumeaux s'est approché et m'a demandé "c'est toi Gangster ?" Et là il me saute dans les bras et commence à m'embrasser "On va bosser ensemble, tu veux, hein ??" A la 1ère date, ils m'ont un peu testé et on s'est mis d'accord.

Quels sont les plus beaux souvenirs que vous gardez de cette union ?
2 Bal : Un gang bang magistral (rires) Non, c'était l'enregistrement de l'album, c'était de la balle ! On avait le studio entre minuit et 10h du matin. Ce n'était jamais sûr, ils te beepainet à minuit pour que tu te pointes. Si tu venais pas, c'étaient les autres qui grattaient un morceau. la 1ère fois, on était à l'école, on avit 16 piges, on était en 1ère année BEP. Au lieu d'aller en physique, on allait au studio. On était en plein crise d'adolescence, on faisait la misère à nos parents. Des fois, à 8h du mat' on tombait sur notre père qui partait travailler. Il disait : "comment ca se fait que vous rentrez maintenant alors que vous êtes supposés aller à l'école ?" Si un mec me dit que je ne suis pas underground, je lui balance mon agenda de 95 à la figure. On a tout fait, on volait des bandes... on était crédules, on voulait juste poser.
Spirit : C'était la 1ère fois qu'on allait en studio pour enregistrer un album. A l'époque, on avait pas d'oseilles pour les bandes, j avais recyclé, acheté des bandes une misère : 1500 balles pour 3 titres. Plus tous les morceaux que finalement tu n'utilises pas, il t'en faut de la abnde ! Le studio, ça coûte cher. On s'est démerdés en enregistrant la nuit au Studio Oncle Sam sur les Champs Elysées. Les mecs arrivaient en retard tout le temps. mias ce qui était bien avec les 2 Bal, c'est qu'ils assumaient tout le temps, ils avaient 4h pour poser, ils arrivaient après 3h45, et en 15 minutes, ils assuraient.
Tefa : La fin de l'enregistrement de l'album était un putain de moment parce que c'était vraiment la galère. La Bataclan à Paris est aussi un grand moment. Devant nous, il y avait tous les gens qui nous avaient donné envie de faire du rap et ceux à qui on donnera envie d'en faire. J'ai aussi apprécié le concert à Nyon en Suisse, il y avait 20 000 personnes dans le public qui dégagaient plus de décibels quela sono sur scène. Il n'y a jamais eu de violence à nos concerts. Quand à Bordeaux, il y eu une embrouille au milieu de la scène, les gars ont arreté le concert. Eben et G-Kill sont descendus et ont pris les mecs à partie. Ils ont eu tellement la honte qu'ils sont partis chacun de leur côté.
Gangster : Mon meilleur souvenir, ce sont les autocritiques après les concerts. On sortait de scène, on s'enfermait 10 minutes, il n'y avait que moi d'extérieur au groupe, c'était dur, ils détaillaient tout. Je n'avais jamais vu ça chez un groupe, en tous cas aussi jeune. Ni Ice-T ni les Roots ne le font. a cahque fin de concert, ils se mettaient une note sur 20. Ils avaient tendance à se surestimer : ils se mettaient généralement 2 points au-dessus de ce qu'ils valaient...
Niro : Là où j'ai eu le plus de sensations, c'est au concert de la Rochelle, parce que j'avais peur. On sortait d'un mois de répétitions crevantes, on avait l'impression de sortir d'entraienements de patinage artistique ! Il y avait aussi le concert à Montréal parce que j'étais outre-atlantique. Je me disais : "les gars peuvent aussi bien comprendre le français que l'anglais. Ils comprennent Notorious BIG, qu'est-ce qu'ils en ont à foutre de 2 Bal 2 Neg ?" En fait, ils ont kiffé. T'es au Canada, loin de chez toi, et les mecs connaissenttes paroles par coeur et ressentent les mêmes choses que toi !...
Eben : La prison de Fleury-Mérogis, pour l'émotion et parce que c'est une ambaince différente de tous les concerts qu'on a fait. C'est là où se passe le vrai truc. C'est cool si on a pu leur faire oublier qu'ils étaient en prison. On a apprécié en général toutes les scènes.

Quelle fut votre plus grosse scène de ménage, le pire moment de votre couple ?
Spirit : C'est en studio... même si on ne s'est pas vraiment embrouillés parce que cela ne sert à rien. A la fin de l'enregistrement, ils ont massacré le studio. Il y avait des Kit-Kat écrasés dans le piano, la moquette fonsdée, ilas avaient fracturés le distributeur de boissons, c'était relou...
Kilomaitre : Les plus grosses prises de tête, c'était par rapport au monde dans le studio. Déjà avec un groupe, t'as pas mal de copains, mais là t'en avais 2 fois + : 40 à 50 mecs parfois. Mais en même temps c'était très familial. On a enregistré un album sans contrat, ça ne sait jamais fait.
Gagnster : Des soirs où il y en avait 1 ou 2 sur scène qui était bourré. J'écourtais le concert et j'éteignais le son, ca devenait n'importe quoi ! Ou le matin. Ils n'étaient jamais à l'heure, je leur disais "vous rentrez avec qui vous voulez, mais demain vous êtes là !!!" Tu parles ! Le matin je tambourinais à la porte, il n'y avait personne. Ou quand ils ne payaient pas leur note de téléphone, ou quand ils piquaient un oreiller parce qu'ils en avaient besoin pour dormir dans le bus, ou une télécommande alors qu'ils savaient très bien que ça ne marcherait pas chez eux. Ils ont m^me pris un extincteur pour le studio qu'ils étaient en train de construire, et une poubelle parce qu'ils la trouvaient belle. Enfin, des trucs méganazes...
Eben : En Allemagne, des projecteurs sont tombés sur la foule. Tu flippes quand tu vois le truc tomber, heureusement il n'y a eu qu'une fille de légèrement blessée ! A Sète, il n' y avait que 2 micros qui fonctionnaient. Le pire moment, c'est quand, par la faute d'un alcool, on me voyait dans certains états et que je le faisais subir aux autres. Ca ne fait pas de moi un alcoolique c'est juste que j'aime bien la bière...
Niro : Après, sur scène, ça donnait "Eben feat 2 Bal 2 Neg"
2 Bal : Je pourrais te donner que des petits détails. Même les engueulades étaient positives, ça nous a donné une leçon. On a aucun regret, la tournée c'était un vrai truc. Il ya peut etre que la bouffe congelée, froide pendant la tournée.. ça donnait envie d'aller aux toilettes !

Qu'est-ce que vous a appris l'expérience du mariage 2 Bal 2 Neg ?
2 Bal :On est plus mûrs en ce qui concerne nos lyrics. Nous, on écrivait principalement pour les gens du hip-hop. Dans les festivals, on a souvent eu un public de rockeurs, on a vu que nos textes pouvaient les toucher aussi. Rapper, c'est un métier. Si on te donne rendez-vous à 11h et que tu viens pas, les autres s'en battent les couilles, c'est toi que ça emmerde. Nous on est imprégnés du retard, quand on est trop à l'heure, on se sent mal. Ca nous a aussi appris à faire attention à certaines clauses dans les contrats, surtout au niveau des pourcentages. On a voyagé et les voyages élargissent les perspectives.
Eben : On est plus réfléchis, on a acquis de la maturité. La tournée nous a apprisà être plus professionnels sur scène. Maintenant en studio, je ne suis plus fou-fou. Je prends mon temps pour poser un lyric, je réfléchis, je ne le fais pas en 10 minutes.
Niro : Ca nous a permi d'être moins fouillis. Dans la vie, en règle générale, mieux vaut être moins entouré pour être moins trahi. Ca m'a aussi donné envie de faire de la production
Tefa : On a énormément appris sur le business et sur nous-mêmes pendant la tournée. Plus que de l'argent, on a gagné en expérience, quelque chose qui n'a pas de prix. Maintenant, on sait tous lire un contrat. Producteur ce n'est pas juste mettre de l'argent, se la péter et fumer des cigares. Un producteur c'est tout coordonner, trouver des pakns... dès qu'il y a un bobo tu dois y aller. Sur ce boulot, ona eu quelqu'un de précieux, c'est Marie AUdigier (de Crépuscule). Elle a fait un taf de longue haleineet n'a rien lachée. Elle y est pour quelque chose si on a vendu autant. C'est ce qui manque dans le rap : des gens compétents. Il n'y a pas de bons maangers. Les mecs prennent leurs copains de cité pour manager. Or c'est tout un travail, comme produire et rapper. Ce n'est pas se branler et se la péter aux Bains. Il faut savoir fermer sa gueule et faire les bons compromis au bon moment, ce que quelqu'un avec un fort ego ne peut pas faire. T'as l'habitude de ne pas te faire mettre à l'amende dans ta cité, alors quand tu arrives dans le business, que les mecs te calculent pas parce que t'es un rappeur, ce n'est pas en leur cassant la gueuele que ça va s'arranger. Moi je suis devenu très zen.
Gangster : Ils m'ont réconciliés avec le rap français. Je leur dit merci. Là je me dis maintenant qu'il y a vraiment du boulot. Je n'avais bosser qu'avec des américains. En français, je n'avais fait que Solaar et franchement je trouvais pas ça terrible. Eux s'ils continuent à bosser comme ils le font je leur accorde 1,5 an pour être vraiment au top. Il apprennent vachement vite mêmes s'ils n'ont pas de continuité dans l'effort.

A combien s'élève votre fortune, et comment va se faire la séparation des biens?
Spirit : On a pas fait beaucoup d'argent avec ça parce qu'il y avait beaucoup de frais et qu'il fallait payer les artistes.Pour l'instant on vivote parce que l'argnet de ma "6-T va crack-er" n'est pas encore tombé.
Kilomaitre : On a rentabilisé l'album. On s'est fait un peu d'argent, assez pour se payer un loyer et manger tous les jours, mais pas assez pour acheter une voiture et manger au resto tous les soirs. On n'est pas malheureux, on a un peu d'argent pour les vinyls, un fond d'argent pour notr société. Chacun part avec son talent.
Gangster : Je me suis fait beaucoup moins d'argent qu'avec d'autres groupes. Il y a m^me des jours où j'en perdais, ils le savaient et me disaient "ouais mais tu nous aimes bien et puis quand tu taffes avec un tel ou un tel tu fais ta pute de luxe"
Eben : Moi, tout passe dans la naissance de ma petite fille, ça change tout de devenir papa. Moi avant je ne touchais absolument rien.
Niro : J'ai déménagé de chez ma mère. C'est pas facile pour elle qui travaille d'avoir des jeunes qui font de la musique tard le soir
Kiklow : Tu peux te faire plaisir, t'acheter des petites sapes... Mais bon il faut voir que c'était 7 % de royalties à se partager à 5 rappeurs

Qu'est-ce qui vous à décidé à divorcer ?
Spirit : Ce n'est pas une décision, c'était le concept de base. Ca a toujours été prévu comme ça. Le plus dur c'était de caler une date. Ce serait une séparation si c'était un groupe. Maintenant, les 2 groupes veulent faire leur truc chacun de leur côté, ce n'est pas moi qui ai choisi la date.
Masta : A la base, il n'y avait pas d'histoires de séparation. Avec l'évolution des choses, chacun des 2 groupes a voulu avoir sa propre identité. On se s'était pas dit "on fait un album et après on arrête" c'est juste que par la suite, ils ont voulu s'affirmer en tant que groupe. Notre 1ère date au Bataclan c'était bien passé, on est tous des parisiens, c'est là où on a développé notre public de base et on a voulu lui rendre hommage, on en a parlé tous ensemble t on a décidé de faire une 2nde date parisienne. Chacun savait que le concept arriavait à terme. On ne pouvait pas faire durer cet album 3 ans non plus. Le hip-hop évolue vite, l'album commence à devenir grave démodé. Tout en sachant qu'il est sorti 1,5 an après son enregistrement. On s'est dit " bon, on a fait toute cette tournée comme on devait la faire, dans toutes les villes de France". On kiffe la scène, c'est d'ailleurs notre point fort. On a afit notre dernier concert à Paris pour "officialiser" la sépération d'un groupe qui est en fait 2 groupes.
2 Neg : On a tous envie d'affirmer notre identité. La décision de se séparer s'est faite aussi vite que celle de se mettre ensemble. Si on continue à faire 2 bal 2 Neg, on crève. Ca tue notre identité comme celle des 2 Bal
2 Bal : Quand on s'st lancés dans l'histoire, on s'est dit "on le fait pour un album". C'était ça le contrat. Comme la promo est terminée, on arrete là. Mais bon certaines personnes étaient indécises "est-ce qu'on arrete vu qu'on a eu du succès ?" Mais nous quand on dit quelque chose, on ne revient pas dessus. Il ya une hypothèse qui dit qui si on sort un 2nd album on se plante.

Qu'est-ce que vous avez apporté au rap français ?
2 Neg : un show, un concept jamais réalisé avant et on a montré que des indépendants pouvaient aussi vendre. Aujourd'hui les majors doivent s'en mordre les couilles jusqu'au sang.
2 Bal : en fusionnant on a apporté de la versatilité et de l'efficacité. Une fois en Suisse, on a fait une interview avec 2 vieillards qui n'écoutaient que de la chanson française. Il a fallu qu'on défende nos lyrics comme dans une dissertation. Pour nous c'était mortel, une belle expérience et un beau challenge.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 15 octobre 2006 06:26

« Article précédent : 2 BAL 2 NEG live - L'Affiche avril 97

Article suivant : Flash Back 2 BAL 2 NEG »